Lorsque vous accompagnez un dirigeant dans la structuration de sa retraite, la fiscalité est un levier aussi puissant que piégeux. Une stratégie mal calibrée peut entraîner des pertes de droits, des prélèvements inattendus ou un déséquilibre entre optimisation et protection.
En tant qu’expert-comptable ou CGP, votre rôle est de sécuriser les décisions, tout en anticipant les impacts à long terme. Voici les principales erreurs fiscales retraite dirigeants à éviter… et les bonnes pratiques à intégrer à votre accompagnement.
- Sous-estimer l’impact fiscal du choix de statut
🔄 Le statut juridique et social du dirigeant (gérant majoritaire, président de SAS, libéral) influence directement :
- Le niveau de cotisations retraite et prévoyance
- Les règles fiscales applicables sur les revenus
- La protection sociale en cas d’arrêt de travail ou d’invalidité
Erreur fréquente : privilégier le statut le moins coûteux à court terme (ex : SAS + dividendes) sans mesurer la perte de droits retraite ou prévoyance à long terme.
🎯 À faire : modéliser différents scénarios à l’aide d’un outil comme Statut Rem, pour comparer les effets fiscaux, sociaux et retraite du choix de statut.
- Oublier de distinguer déduction à l’IR et déduction au résultat
💡 Un PER individuel, un contrat Madelin, ou une cotisation article 83 n’ont pas les mêmes modalités de déductibilité :
- Le PER est déductible du revenu imposable (IR)
- Le Madelin était déduit du résultat (TNS uniquement)
- L’article 83 s’impute sur la rémunération brute, exonérée de charges sociales
Erreur fréquente : optimiser la fiscalité sans anticiper l’impact sur le niveau de pension ou les plafonds disponibles.
🎯 À faire : intégrer la logique de déductibilité dans la stratégie globale (revenu imposable, statut fiscal du foyer, tranches marginales, etc.).
- Ne pas prendre en compte les seuils sociaux liés à la prévoyance et la retraite
📉 Une rémunération trop faible peut compromettre :
- La validation de trimestres retraite
- Le niveau de cotisations sur les régimes complémentaires
- L’accès à certaines garanties de prévoyance (invalidité, incapacité, décès)
Erreur fréquente : distribuer uniquement des dividendes à un dirigeant en SAS, sans se soucier de la couverture sociale associée.
🎯 À faire : intégrer les seuils de validation retraite et les conditions d’affiliation aux dispositifs de prévoyance, en coordination avec le bilan retraite.
- Mal articuler les dispositifs : retraite, épargne, prévoyance
Un dirigeant peut cumuler plusieurs outils : PER, contrat collectif, assurance prévoyance, contrat retraite supplémentaire… mais leur fiscalité varie selon leur nature (obligatoire, facultative, individuelle ou collective).
Erreur fréquente : empiler les dispositifs sans vérifier les plafonds fiscaux, les règles sociales, ni l’intérêt réel pour le dirigeant.
🎯 À faire : construire une architecture cohérente, avec une vision claire des plafonds applicables (article 154 bis, 83, PER), en lien avec le statut et les objectifs du dirigeant.
- Oublier d’anticiper la fiscalité à la sortie
Le traitement fiscal à la sortie des produits retraite varie considérablement :
- Rente imposable à l’IR (avec ou sans abattement)
- Capital soumis au PFU ou au barème IR
- Impact des prélèvements sociaux selon l’âge ou le montant
Erreur fréquente : conseiller un produit fiscalement avantageux à l’entrée… sans modéliser le coût de la sortie.
🎯 À faire : intégrer l’ensemble du cycle de vie du produit dans votre conseil (entrée, phase d’épargne, sortie), via des simulateurs retraite-patrimoine comme Stratégie Retraite.
✅ En résumé
Pour éviter les erreurs fiscales retraite dirigeants, il est indispensable de :
- Articuler fiscalité, protection sociale, statut et objectifs long terme
- Modéliser différents scénarios de rémunération et de statut
- Sécuriser les arbitrages à l’aide d’outils professionnels comme Stratégie Retraite et Statut Rem
- Coordonner retraite, prévoyance et fiscalité dans une approche unifiée

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